Déclaration de la procureure adjointe, Mme Nazhat Shameem Khan, au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies à propos de la Situation en Libye, en application de la résolution 1970 (2011)
(Le 22 mai 2026, la procureure adjointe de la CPI, Mme Nazhat Shameem Khan, s’est exprimée à distance depuis la Haye devant le Conseil de sécurité de l’ONU à propos de la Situation en Libye. Vous trouverez ci‑dessous la transcription de son allocution.)
Monsieur le Président, je vous remercie de l’occasion qui m’est offerte aujourd’hui d’informer le Conseil de sécurité. Permettez‑moi de remercier également Son Excellence le représentant permanent de la Libye auprès des Nations Unies de sa présence.
Une fois encore, je regrette de ne pas être parmi vous au Conseil, en raison de l’absence de délivrance du visa requis pour me rendre aux États-Unis afin de présenter mon exposé conformément à la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité.
M. le Président, Excellences, la semaine qui vient de s’écouler a représenté un tournant décisif dans la mise en œuvre du mandat confié par ce Conseil en lien avec la Situation en Libye. Mardi dernier, j’ai eu l’honneur, aux côtés de l’Équipe unifiée chargée de la Situation en Libye, de prononcer une allocution liminaire devant la Chambre préliminaire, lors de l’audience de confirmation des charges de Khaled Mohamed Ali El Hishri.
Dans le cadre de la première procédure judiciaire découlant de ce renvoi, Khaled El Hishri est accusé de 17 chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis à la prison de Mitiga, y compris dans le quartier des femmes de la prison sur lequel l’accusé exerçait un contrôle direct.
Dans la salle d’audience de la CPI, en présence des victimes, devant des représentants de la société civile et aux côtés de représentants du Gouvernement libyen et de nombreux acteurs engagés en faveur de la justice, nous sommes parvenus, collectivement, à faire reculer nettement l’impunité qui a protégé les auteurs de crimes depuis bien trop longtemps.
Trois jours durant, Khaled El Hishri a été confronté aux témoignages et aux voix de nombreux Libyens directement touchés par les crimes qu’il aurait commis. Les voix de femmes, d’hommes et d’enfants qui, selon leurs propres termes, n’osaient pas croire que ce jour viendrait. Des voix qui ont relaté des souffrances extrêmes : blessés par balle, fouettés, suspendus au plafond et traînés par les cheveux, violés et battus jusqu’au sang, les enfants étant présents lors du supplice infligé à leurs mères, ou encore torturés, visés par des tirs, violés, les migrants d’Afrique noirs étant réduits en esclavage, détenus dans des conditions déshumanisantes et soumis à des violences physiques, psychologiques, sexuelles et reproductives insoutenables, dont des actes de torture.
Les actes de Khaled El Hishri et de la milice RADA ne sont pas ceux d’un service chargé de faire respecter la loi au sens traditionnel du terme et MITIGA n’était pas une prison conventionnelle. Le système instauré visait à infliger des souffrances extrêmes, une profonde humiliation, et, en définitive, à détruire la vie des personnes détenues. Durant la semaine, il est apparu clairement à l’audience que Khaled El Hishri a joué central dans la commission de ces actes.
M. le Président, Excellences, nous savons, grâce aux femmes qui ont témoigné dans cette affaire, ainsi qu’à tant de Libyens présents à nos côtés à La Haye cette semaine, que le simple fait d’entendre ces témoignages devant le tribunal en présence de l’Accusé a apporté une certaine forme de justice, d’apaisement, et le sentiment qu’enfin leurs vies sont reconnues comme ayant la même valeur que toutes les autres.
Ne perdons pas de vue que la procédure judiciaire ne fait que commencer. Après avoir entendu les observations des représentants légaux des victimes et de la Défense, l’audience de confirmation des charges est désormais terminée. Si les charges sont confirmées, le Bureau du Procureur est prêt à participer au procès dans les meilleurs délais. Nous poursuivons nos efforts pour que ce processus permette de reconnaître pleinement les souffrances endurées par les victimes en faisant condamner Khaled El Hishri.
M. le Président, Excellences, si cette avancée constitue une étape majeure, elle ne représente encore qu’un premier pas vers la justice pour de nombreux Libyens ; il convient dès lors de souligner comment les faits longtemps occultés commis à Mitiga ont finalement été portés au grand jour.
Cela n’aurait pas été possible sans le courage des victimes, qui ont demandé que la vérité éclate et que justice soit rendue pour des faits commis à l’abri des regards derrière ces murs sombres.
Notre collaboration avec la société civile a également été essentielle dans cette affaire, et elle reste au cœur de l’ensemble de nos activités. Je souhaite exprimer notre profonde gratitude à l’ensemble des groupes de victimes et aux organisations de la société civile impliqués dans les efforts de documentation, qui ont contribué de manière si déterminante aux faits exposés devant la Cour cette semaine. Nous sommes plus que jamais déterminés à maintenir et renforcer nos liens avec la société civile.
Au cours de la dernière période de référence, notre Bureau a mené plus de 186 échanges avec des partenaires de la société civile, notamment dans le cadre de la table ronde virtuelle réunissant plus de 35 organisations à laquelle j’ai eu le plaisir de participer récemment. Et lors de ces discussions, j’ai été très claire : le Bureau travaille activement à faire en sorte que la présence de Khaled El Hishri dans la salle d’audience ne représente que le début d’un parcours judiciaire plus approfondi, visant à une justice porteuse de sens.
Comme indiqué dans mon rapport, l’Équipe unifiée pour la Libye est présente sur le terrain dans de nombreux lieux, où elle recueille un large éventail d’informations et d’éléments de preuve à l’appui de nos enquêtes sur les crimes liés aux opérations menées entre 2014 et 2020, tout en renforçant et en élargissant les efforts d’établissement des responsabilités concernant les crimes commis dans les centres de détention, tant à l’ouest qu’à l’est de la Libye. En effet, à ce jour, un total de neuf mandats d’arrêt publics restent en attente d’exécution dans le cadre de cette situation. Ensemble, nous pouvons faire émerger au grand jour d’autres faits d’une extrême cruauté qui ont été commis en Libye.
À ceux qui sont responsables de crimes présumés commis en Libye visés par le Statut de Rome, à ceux qui les commettent, à ceux qui en facilitent la commission et à ceux qui les ordonnent, nous adressons un message simple : sachez que notre Bureau reste déterminé à faire en sorte que vous répondiez de vos actes. Et que nous avançons rapidement dans l’ensemble de nos axes d’enquête afin de garantir que les droits de ceux que vous avez maltraités soient rétablis devant un tribunal, comme nous l’avons vu ici à La Haye cette semaine.
M. le Président, Excellences, nous avons également pris acte dans notre rapport de l’engagement renouvelé et encourageant du Gouvernement libyen à coopérer avec la Cour. Nous avons d’ailleurs mentionné la déclaration faite par la Libye l’année dernière au titre de l’article 12-3 du Statut de Rome, qui a réellement porté ses fruits en matière de coopération et a également abouti à la décision de prolonger certains de nos principaux axes d’enquête jusqu’à la fin de l’année 2027.
Le renforcement des modalités de coopération développées conjointement dans ce cadre a eu un effet positif et concret sur nos enquêtes, ainsi que sur l’audience de confirmation des charges de Khaled El Hishri.
Ceci illustre, à mon sens, le véritable potentiel du mandat que nous a confié ce Conseil. Une collaboration efficace entre la CPI et le Gouvernement libyen contribuant à réduire les exactions, à traduire les auteurs de crimes en justice et, ainsi, à consolider les fondements de la stabilité et de la paix en Libye. En complément de notre étroite collaboration avec la société civile, cela marque l’émergence d’une nouvelle coalition en faveur de l’établissement des responsabilités en Libye, dans le cadre juridique établi par la résolution 1970 (2011).
Je tiens à saluer tout particulièrement Son Excellence M. Mohamed Al-Menfi, Président du Conseil présidentiel libyen, et Son Excellence M. Abdul Hamid Dbeibah, Premier ministre de la Libye, pour la coopération étroite ainsi que le soutien apportés par leurs services respectifs. Je souhaite également rendre hommage à Son Excellence M. Zeiad Daghim, l’ambassadeur de Libye auprès des Pays-Bas, pour sa contribution importante en termes de coopération.
Toutefois, comme il ressort de mon rapport, la coopération des autorités libyennes présente des disparités. Des avancées concrètes ont été réalisées dans certains domaines, tandis que d’autres ont connu une stagnation, voire un recul. Je forme l’espoir que la dynamique observée à La Haye cette semaine pourra servir de catalyseur à un renforcement de la coopération et de la collaboration.
Il est essentiel, en particulier, d’améliorer la communication et d’apporter une réponse plus ferme concernant l’arrestation des suspects qui, selon le Bureau, se trouvent actuellement en Libye. Tout manquement à cette obligation constitue une violation manifeste du mandat conféré par ce Conseil.
Monsieur le Président, Excellences, le rôle central des partenariats dans nos efforts en faveur de la justice ressort également du fait que, durant la période considérée, la CPI n’a pas été la seule juridiction saisie de procédures judiciaires liées à la situation en Libye.
Notre enquête portant sur les crimes commis contre des migrants de la Corne de l’Afrique en Libye avance à un rythme soutenu et continue de bénéficier d’une excellente coopération avec plusieurs autorités nationales, ainsi qu’avec nos partenaires d’Europol au sein d’une Équipe conjointe. Et cette coopération produit des résultats tangibles.
Le 27 janvier de cette année, un ressortissant érythréen dénommé Tewelde Goitom a été condamné à une peine de vingt ans d’emprisonnement pour trafic d’êtres humains et extorsion de migrants et réfugiés en Libye par un tribunal de district néerlandais. Un deuxième accusé, Kidane Zekarias Habtemariam, poursuivi pour des faits similaires, a été récemment extradé des Émirats arabes unis vers les Pays‑Bas afin d’y être jugé.
Dans ces deux affaires, le Bureau du Procureur de la CPI a fourni aux autorités néerlandaises des informations et des éléments de preuve concrets ayant directement contribué à l’avancement des enquêtes nationales. En définitive, grâce à notre action conjointe, des résultats supplémentaires ont pu être obtenus au bénéfice des victimes.
Cela correspond à l’engagement pris par le Bureau du Procureur. Il y a deux ans, lors du lancement de notre Document de politique générale relatif à la complémentarité et à la coopération, nous nous sommes engagés à intensifier notre soutien aux enquêtes nationales relatives à des crimes internationaux.
Nous voyons désormais cette politique se concrétiser devant les juridictions nationales néerlandaises au bénéfice de victimes libyennes, et nous demeurons fermement déterminés à renforcer encore le soutien que nous apportons aux autorités nationales dans les différentes situations examinées par la CPI.
Monsieur le Président, Excellences, si vous me le permettez, je souhaiterais conclure comme j’ai commencé, en me référant aux voix des victimes que nous avons entendues avec tant de clarté cette semaine dans la salle d’audience de la CPI, ici à La Haye, en citant les paroles d’une victime sur la portée de ce moment :
« L’arrestation d’El Hishri comble un fossé que nombre d’entre nous, survivants des crimes commis à Mitiga, pensions ne jamais voir se refermer. Nous avons désormais non seulement une confiance renouvelée dans la possibilité d’obtenir justice, mais aussi une responsabilité envers ceux qui sont morts, ceux qui sont encore en vie mais que la torture et la violence ont socialement anéantis, ainsi que ceux qui ne peuvent toujours pas parler par crainte de représailles. »
C’est à travers ces paroles et au fil des audiences de ces derniers jours que nous prenons pleinement la mesure de l’importance de la justice pour les victimes de conflits et de crimes d’atrocité. Nous avons vu l’immense espoir que l’établissement des responsabilités peut susciter, même dans les moments les plus sombres. C’est cet espoir même que ce Conseil a exprimé il y a 15 ans en déférant la situation à la CPI.
Beaucoup de temps s’est écoulé depuis mais nous avons constaté, sans l’ombre d’un doute, que cet espoir demeure. Il ne s’est pas éteint car les victimes et les organisations de la société civile, aux côtés de notre Bureau, l’ont fait vivre, en coopérant plus efficacement, en établissant des partenariats avec les autorités libyennes, en répondant aux aspirations du peuple libyen en matière de justice, et en montrant clairement à ceux qui infligent des souffrances en Libye qu’ils auront à répondre de leurs actes.
Dans la période à venir, nous continuerons d’œuvrer à la mise en œuvre du mandat confié par ce Conseil de manière plus approfondie.
Pour y parvenir, nous avons besoin de votre soutien, ainsi que de celui de l’ensemble des États, afin de démontrer au peuple libyen que l’espoir suscité par ce Conseil se concrétisera pleinement.
Je vous remercie de votre attention.
Informations complémentaires :
La CPI conclut l’audience de confirmation des charges dans l’affaire El Hishri
التقرير الحادي والثلاثون: الإنكليزية | الفرنسية | العربية
(في 22 أيار/مايو 2026، خاطبت نائبة المدعي العام للمحكمة الجنائية الدولية نَزهة شميم خان مجلس الأمن التابع للأمم المتحدة بشأن الحالة في ليبيا عن بُعد من لاهاي. وفيما يلي نص كلمتها).
سيدي الرئيس، أشكركم على إتاحة الفرصة لي لتقديم إحاطة إلى مجلس الأمن اليوم. واسمحوا لي بأن أتوجه بالشكر إلى سعادة الممثل الدائم لليبيا لدى الأمم المتحدة على حضوره.
للأسفلم أتمكّن، مرة أخرى، من الانضمام إليكم داخل قاعة المجلس بسبب عدم منحي تأشيرة دخول إلى الولايات المتحدة الأمريكية علمًا بأنّها ضرورية لكي أتمكّن من السفر لتقديم الإحاطة وفقًا لقرار مجلس الأمن 1970 (2011).
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، لقد شكّل هذا الأسبوع محطة مفصلية حقيقية في مسار تنفيذ الولاية التي حدّدها هذا المجلس في ما يتعلق بالحالة في ليبيا. وقد تشرّفت، يوم الثلاثاء الماضي، بمخاطبة الدائرة التمهيدية، إلى جانب الفريق الموحّد المعني بليبيا التابع لمكتب المدعي العام، وذلك في افتتاح جلسة اعتماد التهم في قضية السيد خالد محمد علي الهيشري.
في أولى الإجراءات القضائية المقامة في إطار هذه الإحالة، أُسندت إلى السيد الهيشري 17 تهمة بارتكاب جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية بشكل رئيسي في سجن معيتيقة، بما في ذلك في قسم النساء في السجن، وهو القسم الذي كان السيد الهيشري مسؤولًا مباشرًا عنه.
هنا في قاعة المحكمة الجنائية الدولية وبحضور المجني عليهم، والمناصرين من المجتمع المدني، وممثلين من الحكومة الليبية، وعدد كبير من الملتزمين بإحقاق العدالة، تمكّنا من تقويض ظاهرة الإفلات من العقاب بشكل ملحوظ وهي الظاهرة التي وفّرت الحماية لمرتكبي الجرائم لفترة طويلة جدًّا.
وعلى مرّ ثلاثة أيام، استمع السيد الهيشري إلى روايات وأصوات عدد كبير من الليبيين الذين وقعوا ضحية مباشرة للجرائم المزعومة المسندة إليه. أصوات نساء ورجال وأطفال ما كانوا ليتصوّروا يومًا، على حدّ تعبيرهم، أن تحين هذه اللحظة. أصوات روت أشدَّ صور المعاناة جرّاء التعرّض لإطلاق النار والجَلد، والتعليق من السقف، والجرّ بالشعر، والاغتصاب، والضرب حتى النزيف، ومعاناة الأطفال الذين شهدوا أعمال العنف تُرتكب بحق أمهاتهم، وتعرّضوا بدورهم للضرب والتعذيب وإطلاق النار والاغتصاب، إضافةً إلى معاناة المهاجرين الأفارقة السود الذين تعرّضوا للاسترقاق والاحتجاز في ظروف لاإنسانية، ولأشد أشكال العنف الجسدية والنفسية والجنسية والإنجابية، بما في ذلك التعذيب.
لا يمكن وصف الأفعال المنسوبة إلى السيد خالد الهيشري وميليشيا الردع بأنها أفعال قامت بها وكالة شرعية مخوّلة بإنفاذ القانون ولا سجن معيتيقة بمرفق احتجازٍ عادي، إذ كان منظومةً صُمّمت لإلحاق آلام شديدة ومهانة بالغة بالمحتجزين، وتدمير حياتهم في نهاية المطاف. وكان السيد خالد الهيشري، بحسب ما استمعت إليه المحكمة هذا الأسبوع، في صلب هذه الاعتداءات.
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، إننا نعلم من النساء اللواتي رفعن أصواتهن في هذه القضية ومن اللّيبيين الموجودين معنا في لاهاي هذا الأسبوع، أنّ مجرّد تلاوة هذه الروايات على مسامع السيد الهيشري في إحدى المحاكم القضائية قد أفضى إلى إحقاق قدر من العدالة والتئام الجراح، وإلى الاعتراف بأن لحياة كل إنسان القيمة نفسها.
ولكنّ ذلك ليس سوى الخطوة الأولى في مسار تحقيق العدالة. لقد انتهت الآن جلسة اعتماد التهم بعد أن قدّم الممثلون القانونيون للمجني عليهم وجهة الدفاع مرافعاتهم. وفي حال اعتماد التهم، فإنّ مكتبنا مستعدّ للشروع فورًا في إجراءات المحاكمة مع التركيز المستمرّ على ضمان أن تفضي هذه العملية، في نهاية المطاف، إلى إقرار كامل بحقيقة ما عاشه المجني عليهم من تجارب، وذلك عبر إدانة السيد الهيشري.
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، فيما نتأمل في هذه الخطوة المهمة، ولئن كانت الخطوة الأولى نحو تحقيق العدالة لعدد كبير من الليبيين، من المهمّ أن نسلّط الضوء على كيفيّة خروج خفايا ما جرى داخل سجن معيتيقة أخيرًا إلى العلن.
فلم يكن ذلك ليحدث لولا شجاعة المجني عليهم الذين طالبوا بكشف حقيقة ما جرى خلف تلك الجدران المظلمة ونادوا بإحقاق العدالة في هذا الصدد.
بالإضافة إلى ذلك، كان تعاوننا مع المجتمع المدني محوريًّا في هذه القضية، وهو لا يزال ركيزةً أساسية لجميع أنشطتنا. وأودّ أن أعرب عن خالص تقديرنا لمجموعات المجني عليهم ولمنظمات المجتمع المدني التي تشارك في جهود التوثيق، والتي أسهمت إسهامًا أساسيًًا في التوصّل إلى ما شهدناه هذا الأسبوع في قاعة المحكمة. ويبقى التزامنا بمواصلة بناء علاقتنا مع المجتمع المدني وتوطيدها راسخًا كما كان دائمًا.
لقد نظّم مكتبنا، في الفترة المشمولة بالتقرير الأخير، أكثر من 186 نشاطًا مع الشركاء من منظمات المجتمع المدني، بما في ذلك الطاولة المستديرة التي عُقدت افتراضيًّا منذ فترة وجيزة بمشاركة أكثر من 35 منظمة، والتي كان من دواعي سروري أن أشارك فيها. وقد كانت رسالتي واضحة في تلك المناقشات: يُكثّف المكتب جهوده لضمان أن يشكّل حضور السيد الهيشري في قاعة المحكمة نقطة انطلاق مسار قضائي يصل بعمقه إلى الجوهر ويفضي إلى تحقيق عدالة حقيقية.
وبحسب ما ورد في تقريري، يواصل الفريق الموحّد المعني بليبيا عمله الميداني في مواقع متعددة حيث يعكف على جمع طيف واسع من المعلومات والأدلة دعمًا للتحقيقات الجارية في جرائم تتعلّق بعمليات وقعت في الفترة الممتدة من 2014 إلى 2020، فضلًا عن توسيع نطاق جهود المساءلة بشأن الجرائم التي ارتُكبت في مرافق احتجاز غرب ليبيا وشرقها. وبالفعل، لدى المحكمة حاليًّا ما مجموعه تسعة أوامر قبض علنية في هذه الحالة لم تُنفّذ بعد. ويمكن أن نعمل معًا على كشف وقائع أخرى لا تزال مخفية وتتعلّق بأعمال قسوةٍ شديدة ارتُكبت في ليبيا.
رسالتنا إلى المسؤولين عن الجرائم المدعى بارتكابها في ليبيا والمنصوص عليها في نظام روما الأساسي، وإلى منفّذيها وميسّريها ومُصدري الأوامر بارتكابها، رسالة واضحة: اعلموا أنّ مكتبنا باقٍ على التزامه بمساءلتكم عن أفعالكم. ونحن نتحرك بسرعة في مسارات التحقيق لكي نضمن انتصاف حقوق مَن أسأتم معاملتهم، أمام محكمة قانونية، على غرار ما شهدناه هنا في لاهاي هذا الأسبوع.
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، يشير تقريرنا أيضًا إلى التزام حكومة ليبيا المجدَّد والمشجِّع بالتعاون مع المحكمة. وقد أشرنا في التقرير المذكور إلى الإعلان الصادر العام الماضي عن ليبيا بموجب المادة 12(3) من نظام روما الأساسي. لقد أفضى هذا الإعلان إلى تحسّن ملحوظ في التعاون وإلى اتخاذ قرار بتمديد بعض مسارات التحقيق الرئيسية حتى نهاية عام 2027.
وكان لتعزيز أشكال المشاركة التي طوّرناها معًا في هذا الإطار، أثرًا ملموسًا وإيجابيًّا في سير تحقيقاتنا، وقد انسحب ذلك على جلسة اعتماد التهم ضدّ السيد الهيشري.
وهنا تتجلّى، باعتقادي، الإمكانات الحقيقية للولاية التي منحنا إياها هذا المجلس. فالمحكمةُ الجنائية الدولية وحكومةُ ليبيا تتعاونان على نحو فعّال وتعملان على الحدّ من إمكانية ارتكاب الفظائع ومساءلة مرتكبيها، ما يعزّز أسس الاستقرار والسلام في ليبيا. ويمثّل ذلك، إلى جانب تعاوننا القوي مع المجتمع المدني، تحالفًا جديدًا من أجل المساءلة في ليبيا، ضمن الإطار القانوني الذي أرساه القرار 1970 (2011).
وأودّ في هذا الصدد أن أشيد على وجه الخصوص بفخامة السيد محمد المنفي، رئيس المجلس الرئاسي الليبي، ومعالي السيد عبد الحميد دبيبة، رئيس الوزراء الليبي، على التعاون الوثيق والدعم الملحوظ من مكتبيهما. وأودّ أن أشيد أيضًا بالدور المهم الذي أدّاه سعادة السيد زياد دغيم، سفير ليبيا لدى هولندا في مجال التعاون.
ومع ذلك، وكما هو مبيّن في التقرير، لا يتّسم التعاون الذي تقدّمه السلطات الليبية بالاتساق. ففي حين اتّخذت خطوات ملموسة إلى الأمام في بعض المجالات، لاحظنا في مجالات أخرى ركودًا، أو حتى تراجعًا على صعيد هذا التعاون. ويحدوني الأمل بأن يُشكّل الزخم الذي تَبلورَ في لاهاي هذا الأسبوع حافزًا لمزيد من التعاون والتنسيق.
فمن الضروري، على وجه الخصوص، تحسين قنوات التواصل معنا وتعزيز الاستجابة في ما يخصّ القبض على المشتبه فيهم الذين لا يزالون، بحسب ما يتوافر لمكتبنا من معلومات، داخل ليبيا حتى الآن. أمّا التقاعس عن تحقيق ذلك فيُعدّ خرقًا واضحًا للولاية الممنوحة من هذا المجلس.
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، يبرز الدور المحوري لشراكاتنا في إطار الجهود الرامية إلى تحقيق العدالة أيضًا في عدم كون المحكمة الجنائية الدولية المحكمةَ الوحيدة التي أقامت إجراءات قضائية تتعلق بالحالة في ليبيا في الفترة المشمولة بالتقرير.
فتحقيقاتنا بشأن الجرائم المرتكبة ضد المهاجرين الوافدين من القرن الأفريقي فيليبيا تتقدّم بخطى إيجابية، بفضل التعاون الممتاز مع طائفة من السلطات الوطنية ومع شركائنا في اليوروبول الذين يعملون ضمن فريق مشترك وهو تعاون يثمر نتائج ملموسة.
وفي 27 كانون الثاني/يناير من هذا العام، أدين السيد تويلدي جويتوم، وهو مواطن إرتري، في محكمة محلية هولندية وحُكم عليه بالسجن لمدة عشرين عامًا بتهمة تهريب البشر وابتزاز المهاجرين واللاجئين في ليبيا. وسلّمت الإمارات العربية المتحدة في الآونة الأخيرة شخصًا آخر متّهمًا بارتكاب جرائم مماثلة وهو السيد كيداني زكرياس هبتمريم إلى هولندا للخضوع للمحاكمة.
وقدّم مكتب المدعي العام في كلتا القضيتين، معلومات وأدلة ملموسة إلى السلطات الهولندية دعمت بصورة مباشرة التحقيقات الوطنية وأفضت في نهاية المطاف وبفضل عملنا الجماعي، إلى تحقيق نتائج إضافية لصالح المجني عليهم.
ويعكس ذلك تعهّدًا قطعه مكتب المدعي العام على نفسه. فقد التزمنا قبل عامين، عند إطلاق سياستنا بشأن التكامل والتعاون، بزيادة دعمنا للتحقيقات المحليّة في الجرائم الدولية.
ونشهد اليوم ترجمة هذه السياسة على أرض الواقع في المحاكم المحلية الهولندية لصالح المجني عليهم من الليبيين، مع التأكيد على التزامنا الراسخ بتوسيع نطاق الدعم الذي نقدّمه إلى السلطات الوطنية في كلّ الحالات التي تنظر فيها المحكمة الجنائية الدولية.
سيدي الرئيس، أصحاب السعادة، أودّ لو سمحتم أن أختم كلمتي كما بدأتها، بأصوات المجني عليهم التي استمعنا إليها بوضوح شديد هذا الأسبوع هنا في قاعة المحكمة الجنائية الدولية في لاهاي، مستشهدةً بما قاله أحد المجني عليهم في تأمّل هذه اللحظة:
"يُقلّص إلقاء القبض على الهيشري مسافة ظنّ كثيرون منا، نحن الناجين من الجرائم التي ارتُكبت في معيتيقة، أنها كانت عصيّة على التجاوز. ولا يمنحنا ذلك ثقةً متجددة في إمكانية تحقيق العدالة فحسب، وإنما يحمّلنا في الوقت نفسه واجبًا تجاه من فارقوا الحياة، وأولئك الذين ما زالوا أحياء ولكنهم أموات اجتماعيًا بفعل التعذيب والعنف، وأولئك الذين يعجزون عن الكلام خوفًا من الانتقام".
تتجلّى في هذه الكلمات وفي الإجراءات التي شهدناها في الأيام الأخيرة، الأهميةُ البالغة التي تكتسيها مسألةُ تحقيق العدالة للمجني عليهم في إطار النزاعات والجرائم الفظيعة. لقد لمسنا الأمل الكبير الذي تبعث عليه المساءلة، حتى في أحلك الظروف. هو الأمل نفسه الذي أعرب عنه هذا المجلس قبل 15 عامًا عندما أحال الحالة في ليبيا إلى المحكمة الجنائية الدولية.
سنوات طوال مرّت مذّاك. ولكننا رأينا بوضوح، ومن دون أدنى شك، أنّ هذا الأمل لم يتبدّد ولم ينطفئ، لأنّ المجني عليهم ومنظمات المجتمع المدني، بالتعاون مع مكتبنا، لم يسمحوا بذلك من خلال التعاون بشكل أكثر فعالية مع السلطات الليبية، وإقامة شراكات معها، وعن طريق الاستجابة إلى تطلّعات الشعب الليبي في تحقيق العدالة، وإيصال رسالة واضحة إلى من يسبّبون المعاناة في ليبيا بأنهم سيتحمّلون عواقب أفعالهم.
وسوف نواصل العمل في الفترة المقبلة لكي ننفّذ الولاية التي أوكلها إلينا هذا المجلس على نحو يرقى إلى جوهر مقصدها.
ولتحقيق ذلك، نحن بحاجة إلى دعمكم وإلى دعم جميع الدول حتى نُثبت للشعب الليبي أنّ هذا الأمل الذي غرسه هذا المجلس سيؤتي ثماره حقًا.
شكرًا على حسن الإصغاء.
لمزيد من المعلومات:
المحكمة الجنائية الدولية تختتم جلسات اعتماد التهم في قضية الهيشري
المصدر: مكتب المدعي العام | جهة الاتصال: [email protected]