Communiqué de presse: 14 juillet 2008

La CPI implique des femmes dans des débats portant sur la Cour dans les sous-régions Lango et Acholi du nord de l’Ouganda

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Les 5 et 6 juillet 2008, en Ouganda, l’Unité de la sensibilisation de la Cour pénale internationale a animé, en coopération avec la Coalition of Women’s Organisations, quatre séances interactives auxquelles ont pris part 160 représentantes d’organisations féminines venues de 30 sous-comtés et paroisses des districts de Gulu, Amuru et Soroti, dans les sous-régions Acholi et Teso du nord et du nord-est de l’Ouganda. 

L’organisation de séances destinées exclusivement aux femmes tient à plusieurs raisons. En effet, lors du conflit survenu au nord de l’Ouganda, des viols et autres formes de violence sexuelle et sexiste auraient été commis en masse à l’encontre des femmes, d’où, pour elles, la pertinence du travail de la Cour. De plus, le faible niveau d’alphabétisation des femmes vivant dans les communautés touchées par la guerre leur rend plus difficile l’accès aux informations concernant la CPI. S’ajoutent à cela des facteurs socioculturels qui les empêchent de prendre une part active aux réunions publiques. Les préoccupations purement féminines sont de fait bien souvent ignorées. L’Unité de la sensibilisation constitue le principal vecteur permettant de donner aux parties prenantes dans les communautés les plus touchées par la guerre la possibilité, d’une part, d’obtenir des réponses à leurs questions grâce à un dialogue durable et, d’autre part, de voir leurs préoccupations portées à la connaissance de la Cour. À cet effet, l’Unité a inclus dans sa stratégie des programmes spécifiquement destinés à renforcer la participation active des femmes aux discussions concernant les activités de la Cour.

Durant ces séances, les membres de l’Unité de la sensibilisation de la CPI ont fourni à l’assistance des informations sur le mandat de la Cour et les crimes sur lesquels le Procureur a enquêté au nord de l’Ouganda, et particulièrement sur les crimes sexistes tels que le viol et l’esclavage sexuel. Des informations concernant le mode de participation des victimes aux procédures judiciaires engagées devant la Cour ont également été présentées.

Les participantes, quant à elles, ont soulevé un certain nombre de questions et exprimé leurs préoccupations, exhortant la communauté internationale et les États parties à arrêter et livrer au plus vite à la Cour Joseph Kony et les trois autres principaux commandants de l’Armée de résistance du Seigneur, dont les mandats d’arrêt sont encore en souffrance. Elles ont également rappelé la nécessité d’atténuer les souffrances des femmes victimes des crimes dont est saisie la Cour.

Dans son allocution finale, la présidente de la Coalition of Women’s Organisations a félicité l’Unité de la sensibilisation pour avoir mis en place des programmes destinés aux femmes, programmes qui leur permettent de partager en toute objectivité leurs opinions et leurs préoccupations concernant la CPI. La présence à ces séances d’une assistance exclusivement féminine « nous rassure et nous met en confiance pour discuter de nos préoccupations librement et sans aucune hésitation, dans la mesure où nombre d’entre nous ont déjà été en butte à un ou plusieurs des crimes dont nous avons parlé aujourd’hui », a-t-elle déclaré. En leur qualité de mères et de personnes jouissant d’une certaine autorité dans leur foyer et leur communauté, ces femmes ont reconnu la nécessité d’œuvrer en collaboration avec l’Unité de la sensibilisation dans le but de diffuser aux autres femmes de la communauté des informations exactes concernant la Cour. Elles ont également accepté de mettre à profit les réseaux locaux féminins existants afin de mieux faire connaître la CPI.

Le programme de sensibilisation mis en œuvre par la CPI à l’intention des femmes en Ouganda vise différents groupes de femmes appartenant aux communautés les plus touchées, femmes qui normalement, ne participeraient pas aux réunions générales organisées dans les communes, et notamment des infirmières, des conseillères, des fermières et des femmes d’affaires.

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Maria Mabinty Kamarra, coordonatrice chargée de l’information et de la sensibilisation en Ouganda, tél. : +256772700655/+31646448830 : adresse électronique : [email protected]