Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes
Nous honorons aujourd’hui la mémoire des trois sœurs Mirabal, assassinées le 25 novembre 1960, date que l’Assemblée générale des Nations Unies a retenue pour marquer la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Or, le constat morose que l’on peut dresser en 2013 est que des millions de femmes dans le monde entier ont été et continuent d’être en proie à des violences innommables.
Tant que la culture révoltante qui tolère de telles violences perdurera, les sociétés humaines ne pourront prétendre à une autorité morale supérieure, ni du reste réaliser tout leur potentiel.
En ma qualité de Procureur de la Cour pénale internationale, afin de relever le défi consistant à lutter contre la discrimination qui se traduit par les violences dont les femmes continuent d’être victimes, il est impératif de mener des enquêtes et des poursuites à l’encontre des responsables de ces crimes, conformément au cadre juridique défini par le Statut de Rome. À l’instar de nombreuses autres actions nationales et internationales en vue de mettre un terme au déferlement des violences infligées aux femmes, l’une des priorités clairement définies par mon Bureau consiste à rechercher des méthodes novatrices permettant de donner un coup de fouet aux enquêtes et aux poursuites en matière de crimes sexuels et à caractère sexiste. En outre, nous finaliserons très prochainement notre projet de politique générale relatif à ces crimes, qui contribuera à définir notre action dans le cadre de la lutte contre l’impunité des auteurs de ces crimes odieux.
J’ai la ferme conviction que la loi et les procédures judiciaires sont des outils puissants qui sont à notre disposition non seulement pour dénoncer la brutalité et la barbarie de ces crimes contre les femmes, mais aussi pour donner une voix aux victimes qui se taisent trop souvent et punir les auteurs de ces actes. Je suis convaincue que, le moment venu, les sanctions prévues par la loi dissuaderont les auteurs en puissance de crimes sexuels et à caractère sexiste et permettront de faire changer les comportements dans le bons sens.
Nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre cette culture archaïque de discrimination qui tolère les violences contre les femmes. Ces violences et ces discriminations n’ont pas leur place dans les valeurs que nous véhiculons au XXIe siècle.
Source : Bureau du Procureur/[email protected]